17.05.2008
Toi, tu seras..
X est un jeune français, petit il allait à l'école comme tous les enfants de son âge, puis un beau jour il a décidé qu'il en avait marre alors il a tout plaqué, comme ça, du jour au lendemain.. Et puis la situation a dégénérée, ses parents l'ont foutu dehors, et il s'est retrouvé à la rue, il était jeune pourtant.. Dans la rue il a fait connaissance avec tous les cammés du coin, il les voyait se planter des seringues dans le bras, il savait à peu près ce qu'ils faisaient mais ça le dégoutait carrément.. oui, ça le dégoutait, sauf qu'un jour il s'est dit qu'il "fallait" quand même essayer, et puis il a trouvé ça apaisant, tellement apaisant.. et c'est comme ça que X est devenu drogué et sidaïque en plus de ça..!!
Y, lui a choisi une autre voix, tout aussi classique.. A l'école il était toujours au fond, blotti contre le radiateur, son sport préféré, la glande dans toute sa splendeur (oui, comme dans la chanson!).. Non, Y détestait le sport.. Tout ce qu'il aimait dans la vie, c'était, son canapé, sa télé et son hamburger, il pouvait passer des journées entières accompagné de ses trois "potes".. Sauf que, un jour il est devenu tellement énorme qu'il n'a pas réussi à se lever de son canapé.. oupsss..
Z, alors lui je connais pas plus classique.. Tout petit déjà, ses parents lui disaient "il faut travailler à l'école, Z, oui il faut travailler pour gagner de l'argent".. petit à petit c'est devenu un but, une raison d'être, un obcession... GAGNER DU FRIC, il en rêvait même la nuit.. Il bossait des heures et des heures dans l'espoir de devenir un jour aussi riche que Pôpa, de pouvoir s'acheter un écran plasma, la bagnole dernier cri de chez Renault et je ne sais quelle merveille.. Croyez moi si vous voulez mais il l'a eu sa télé, il l'a eu sa barraque.. Mais y'a quelques trucs qu'il a jamais eu, bah ouais, faut bien payer, il a jamais eu le temps de se trouver une femme, il a jamais eu de gosses, il a jamais connu le sens du mot Amitié, du mot Liberté.. En fin de compte, Z s'est retrouvé à 60 ballets comme un vieux con, sans vie, sans souvenirs, avec une graaaande maison.. mais touuuut seul..
T'a pigé l'truc, tu as le choix entre le clodo bien crado qui fait rien de ses journées, l'obèse qui fait rien de ses journées, et le vieux con qui n'a rien fait de sa vie... Mais non, je rigole, y'a une autre option..
F est un jeune garçon comme beaucoup d'autres mais il est fort et dynamique. Sa devise "Un esprit sain dans un corps sain". F sait d'où il vient et il sait où il va. F aime sa famille, est fier de son peuple, de l'héritage plurimillénaire que lui ont légué ses Ancêtres Européens! C'est à leur image que F entretient son corps et son esprit chaque jour.. Il s'informe de l'actualité, se passionne pour l'Hisoire de son peuple et pour les grandes découvertes. Il connait les danses d'antan et les mets de sa région. Si F n'est pas un grand sportif il entretient son corps, il pratique l'escalade, l'escrime, l'endurance... F connait le sens des mots tel que Amitié, Amour, Fidélité, Bonheur..
Tout simplement, F est un Homme.
16:58 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12.03.2008
Overdose
Après avoir vertement sermonné son chat dont les courses effrénées avaient précipité le décès d'une bouteille de vodka contenant encore presque un tiers du précieux liquide, François s'installa sur le divan bancal puis alluma conjointement une cigarette et la télévision.
Ainsi installé devant l'objet tant décrié, tant dénoncé et haï mais toujours conservé, il buvait piteusement le fiel de sa faiblesse, la bouche presque collée au robinet à images.
Sur le premier canal, des beautés nordiques au corps huilé prenaient des poses indécentes autour d'un grand noir tout de colifichets en or vêtu psalmodiant les vices d'une société qu'il allait joyeusement sodomiser. Ce débordement de corps saupoudrés de fric ne manquait pas de lui rappeler son positionnement dans la tranche basse du grand marché sexuello-sentimental. Sur la seconde chaîne, la « voix off » traînante et componctieuse saluant admirativement le parcours de cet entrepreneur en babioles électroniques qui, par d'habiles stratégies de délocalisations, avait brillamment réussi son introduction en Bourse lui remémorait également sa situation de loser. Cependant, sur la troisième chaîne, les visages émaciés de petits africains aux yeux couverts de mouches étaient là pour lui remettre à l'esprit que, malgré tout, il n'avait pas de véritables raisons de se plaindre et vivait quand même dans le meilleur des mondes possibles.
L'ennui filait, le chat miaulait, les voisins entretenaient la vitalité de leur couple en s'échangeant des insultes bien senties qui parvenaient presque à couvrir les pleurs d'un enfant.
Les cendres de cigarette se répandaient maintenant généreusement sur la chemise anciennement blanche mais le regard hypnotisé par le dégueulis multicolore ne s'en apercevait pas.
Soudain les dents se serrèrent sur le filtre souillé si violemment qu'elles le sectionnèrent à moitié. Les yeux injectés d'une fureur vengeresse, François se jeta sur l'ennemi intime qu'il projeta contre le sol. Secoué de spasmes jusqu'alors inconnus, il saisit la triplex qui, ridicule et inutile fétiche, gisait, poussiéreuse, au fond du placard et entama le désossage hargneux de l'infâme objet. Dannunzio, le félin éthylique, s'était prudemment réfugié sous l'armoire pour échapper aux projections de verre. Son maître, les bras parcourus de brûlures électriques, riait maintenant comme un dément en exterminant à grands coups de ceinturon les dernières vélléités de résistance de l'arrogante boite noire.
Epuisé et tremblant, au milieu des épaisses fumées du début d'incendie qui léchait déjà les murs de l'appartement, il poussa un hurlement terrible et absolu.
Un cri de bête enfin libérée du joug qui lui a trop longtemps meurtri la nuque.
JesusFranco pour Zentropa
17:45 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.02.2008
L'Homme nouveau
10:51 Publié dans Actualité, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22.01.2008
Une lumière
Chaque sourire du petit être qui reposait entre ses bras semblait effacer l’une des nombreuses cicatrices qui avaient jusque là meurtris son corps un peu trop maigre et déjà fatigué.
L’intensité de la chaleur que dégageait ce corps tout neuf, à peine terminé, aussi effrayé qu’émerveillé par l’environnement qu’il découvrait, n’avait sans doute aucun équivalent…Toutes les réponses si maladroitement recherchées au hasard des chemins trop souvent de traverses étaient là, concentrées dans cette chair gesticulante et criarde.
Elle était mère.
Elle avait 18 ans et elle était mère.
Sa vie était gâchée. La sentence était tombée, lourde, froide, implacable et définitive, par la bouche des professeurs, des psychologues, des médecins et des assistantes sociales. Tous l’avaient prévenue : si elle gardait cet enfant, son avenir, sa carrière, son existence seraient gâchés. Face au désastre programmé, face à son inévitable et définitive exclusion de la riante norme sociale consuméro-hédoniste, elle ne pourrait s’en prendre qu’à elle-même…
Pourtant curieusement jamais elle ne s’était sentie aussi vivante, aussi pleine de l’importance d’un rôle fondamental, aussi sereine et intimement convaincue d’avoir trouvé l’évidence d’une place et d’un rôle…
« Fini les plaisirs de la vie… » avaient ricané ses amies. Ces plaisirs qui se concluent sur la banquette arrière d’une Ford Escort d’occasion ou dans les remugles infects des nausées alcooliques du petit matin, elle sentait bien qu’elle parviendrait sans trop de peine à en surmonter la perte.
Quant à sa carrière, si tant est qu’une fille de l’assistance puisse un jour en avoir une, c’était une perspective qui, au fond, la faisait sourire… Bien absurde lui paraissait ce sublime Graal que l’on obtient non pour soi mais pour le regard des autres et que l’on ne possède que pour pouvoir s’en plaindre et occuper ses soirées par le récit des affres terribles qu’il engendre et des sacrifices immenses qu’il exige…
Ce destin, elle le laissait volontiers à son homme qui, après s’être enfui, comme il se doit, à l’annonce de la grossesse, était revenu les yeux pleins de larmes et le cœur gros d’un amour simple et peureux de fils de paysan rappelé à ses devoirs par une taloche paternelle et un sermon du curé.
Elle, de son côté, avait une mission incomparablement plus grandiose : éduquer et construire un être nouveau, faire de ce nourrisson démuni et sans défense, offert à tous les vents du possible, « quelqu’un de solide et de bien », comme elle aimait à dire dans un immense sourire qui faisait presque totalement disparaître ses yeux.
Elle était mère.
Elle avait 18 ans et elle était mère.
Source: Zentropa
10:45 Publié dans Actualité, Société, Vie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

